ELLIS ISLAND, premier album de Benjamin Fincher : rencontre
Musique| octobre 17th, 2007Un an après l’EP Sea Songs, Benjamin Fincher revient le 15 Octobre sur Reshape Music avec Ellis Island, premier album d’un groupe pas comme les autres. Une musique personnelle et un univers unique, bâti au fil des morceaux, font de cet album une valeur sûre de la scène pop folk. L’occasion était donc idéale pour revenir, avec JB Bec, chanteur et guitariste du groupe, sur l’histoire de Benjamin Fincher.
ECOUTER Benjamin Fincher - Whaling Down :
R-M : Vous racontez morceau après morceau l’histoire de Benjamin Fincher. Pourquoi avoir choisi d’intituler l’album Ellis Island, l’île de transition pour tout immigrant à destination des Etats-Unis ? A-t-elle eu une importance particulière dans la vie de Benjamin ou s’agit-il d’une étape transitoire pour la vie du groupe ?
JB : Nous avons commencé à rédiger la biographie de Benjamin Fincher bien après la constitution du groupe et le choix du nom. Peu à peu, on a trouvé intéressant d’imaginer sa vie puisque nous ne connaissons rien de lui. En s’appropriant son nom, on s’est donc permis de recréer sa vie, tout en suivant notre développement dans une sorte de parallélisme qui se vérifie encore avec Ellis Island.
Pourquoi Ellis Island ?
D’abord, parce qu’on tire nos principales influences musicales et littéraires (et on pourrait ajouter imaginaires) des Etats-Unis, nous voulions d’une manière ou d’une autre évoquer ce pays (on a failli appeler l’album Lowell, du nom de la ville où est né et a grandi Jack Kerouac).
Ensuite, parce qu’après Sea Songs Ep, premier disque 4 titres sorti en novembre 2006, qui évoque la mer et … la cause des baleines ( ! ), le lien était tout trouvé ! Pour les immigrants, Ellis Island était incontournable, puisqu’en effet, c’était l’endroit où tous les bateaux arrivaient à destination de l’Amérique… De là, “on choisissait” ceux qui avaient le droit de rester aux Etats-Unis et ceux qui devaient rentrer dans leur pays d’origine. C’est donc un lieu chargé d’histoires, à la fois tragique et magique pour les immigrants qui avaient la chance d’intégrer ce nouveau monde. Alors, pourquoi ne pas faire amarer Benjamin Fincher à New York, après son périple maritime en haute mer ?
Enfin, et cela concerne l’histoire du groupe, nous avions la plupart de ces chansons depuis plus de deux ans. Nous devions ainsi faire cet album il y a bien longtemps, mais d’autres circonstances ont fait que nous avons attendu. Pour les gens qui ne nous connaissent pas, cet album va être “la porte d’entrée” à notre univers musical. Ainsi, nous l’avons conçu de manière à ce qu’il soit suffisamment varié pour montrer tous les aspects de la personnalité de Benjamin Fincher.
ECOUTER Benjamin Fincher - Hollow Evening :
R-M : Un an après la sortie de l’EP Sea Songs arrive Ellis Island, votre premier album. Que s’est-il passé entre temps ?
JB : On a fait pas mal de concerts : une petite trentaine, de Lyon à Paris. Dans des tous petits lieux (bars, caves) jusqu’à des plus grandes scènes (devant 300 ou 500 personnes au Ninkasi Kao à Lyon) et ce, avec pas mal de groupes émergents ou un peu plus connus (Hey Hey My My, H-Burns, Coming Soon, A Song, The Spangles, Selar, Orouni, etc.). Nous avons donc beaucoup travaillé le live, sans cesse renouvellé nos arrangements : nous avons ainsi integré Emma au violoncelle, puis Seb (de Selar) à la basse. De trio acoustique/folk, nous sommes passé de formation plus rock, voire psyché (parfois) avec davantage de synthé, de sections rythmiques…
On a aussi dû défendre notre Ep et ça prend du temps ! Mais je pense que nous avons été pas mal récompensés, avec beaucoup de chroniques à la clef, des interviews radio, Tv, des compilations. Et puis la chance d’avoir été selectionné par l’association Dandelyon, à Lyon, qui nous a suivi pendant plusieurs mois …
Et enfin, nous avons préparé cet album ! En 4 temps : aout 2006 où en plein mixage du Sea Songs Ep, nous avons commencé à enregistrer “The Winter Song”, puis en décembre 2006 où nous avons poursuivi notre enregistrement avec plusieurs chansons (The Man Who…, Montana Slim), puis enfin aout 2007 où nous avons terminé par les claviers, la batterie et les voix avant de mixer… Bref, je peux vous dire que nous n’avons pas chômé ! Surtout que nous avons d’autres projets musicaux parallèles qui nous prennent également beaucoup de temps !
R-M : Donc vous avez déjà eu l’occasion de tester les nouveaux titres en live. Déjà quelques retours du public ?
JB : Oui, nous avons joué la plupart des chansons en live, depuis longtemps. Je crois qu’il n’y en a que deux (Lowell et Calico Sky) que nous n’avons jamais joué avant septembre 2007. Du coup, nous avons eu le temps de les travailler et de les améliorer. Certaines ont toujours eu des bons retours ; nous étions sûrs de les placer sur le disque. D’autres, cela dépendait du concert, du public que nous avions, et de la manière dont nous jouions ! Et même si ça ne marche pas à tous les coups, c’est parfois magique d’arriver à capter l’attention du public avec simplement une guitare et une voix.
R-M : On sait que certains membres du groupe sont à Lyon, votre ville d’origine, et d’autres à Paris. Cela signifie des changements pour le futur, ou juste une meilleure organisation ?
JB : Effectivement, nous sommes séparés par nos travaux respectifs depuis septembre. Pour l’instant, nous ne faisons plus de concerts en groupe, mais simplement en duo (violoncelle / guitare & voix) ; de manière très ponctuelle. En fonction de l’envie de chacun et de nos possibilités, nous prendrons des décisions mais il est un peu tôt encore… car nous mettons toute notre énergie pour sortir l’album ! En tout cas, je connais beaucoup de groupes qui sont séparés de plusieurs centaines de kilomètres et qui marchent très bien. J’espère que nous pourrons en faire autant. Sinon, nous continuerons sous une autre forme, tout dépendra également du succès du prochain disque…
Vous l’aurez compris, Ellis Island est un album riche et généreux, fort de l’expérience du groupe, des nombreux passages sur scène, et d’une imagination sans faille. Ce voyage musical, à découvrir de toute urgence, est déjà disponible sur Reshape Music !
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octobre 18th, 2007 at 13:03
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