Suite aux attentes de nos lecteurs, Jeff nous livre ses impressions sur la conférence de l’AMI à Marseille, le 12 juillet dernier

JeffJeff, tu as participé dernièrement à une conférence de l’AMI (le Centre national de développement pour les Musiques Actuelles) sur le thème “Marchés virtuels, marchés autonomes ? Révolution numérique et nouveaux modèles économiques de la musique“. Peux tu résumer ton intervention dans cette conférence ?

L’intérêt pour nous de participer à cette conférence était de faire connaître la musique éthique, la musique équitable, et bien-sûr Reshape-music. Ce n’est pas seulement une volonté commerciale, mais citoyenne et pédagogique. En tant qu’acteurs de l’industrie musicale, nous nous devons d’informer sur ce qu’est le marché depuis 20 ans, ce qu’il pourrait devenir et sur l’opportunité qu’est et sera Internet à l’avenir.
Mon intervention était orientée sur l’Indépendance. Effectivement, il existe de multiples structures sur le net. Il y a d’abord celles qui ont tout compris au niveau commercial et qui utilisent l’artistique au profit de la stratégie financière comme MySpace par exemple. D’autres portent leur intérêt sur les artistes. Mais, elles ne sont parfois pas assez professionnelles, et s’impliquent peu et voire pas du tout sur Internet. Et puis, il y a des structures qui cherchent l’équilibre comme Reshape-music, en alliant le marketing et l’artistique…

La conférence était en cercle restreint, seulement une petite trentaine de conviés. L’AMI avait invité des participants originaires des pays du sud. Par conséquent, le monde virtuel qu’est Internet leur est moins accessible. Que penses tu de cette autre approche du sujet ?

La conférence était multiculturelle. Et donc, d’autres réalités et d’autres défis nous ont été exposés. De notre point de vue occidental, on peut croire qu’Internet est universel. Pourtant, comme dans beaucoup d’autres domaines, il y a un énorme fossé technologique entre le nord et le sud. Ce fut une douche froide pour les intervenants et en quelque sorte la morale de la conférence. Internet est une chance fabuleuse, mais beaucoup de pays en sous développement n’ont pas le même niveau de maturité face aux technologies. Je ne peux que le condamner et lutter contre le pillage artistique de ces pays au profit de business modèles occidentaux. C’est malheureusement déjà le cas.

A cette conférence, tu as rencontré Airtist, Borey Sok qui sont des leaders d’opinion et acteurs dans le marché de la musique, qu’est-ce que cette rencontre t’as apporté ?

Un livre ! (rires) Je connaissais déjà Borey avec qui on débat régulièrement sur les dernières stratégies et les outils communautaires. Il nous a offert son livre Musique 2.0 dans lequel il parle de Reshape-music. Il devait le dédicacer, mais malheureusement il a oublié… Sinon, j’ai eu le plaisir de rencontrer Airtist. On n’a pas forcément la même manière d’appréhender le marché de la musique, mais on s’est retrouvé autour d’une glace sur le vieux port. Alors forcément, ça rapproche !

Si on reprend la problématique de la conférence « Face à la multitude des propositions sur le web, comment faire les bons choix, comment les exploiter ? », comment Reshape-music peut se démarquer sur la toile?

Lors de cette conférence, certaines personnes du public étaient réceptives à notre concept. Cela m’a conforté dans l’idée que l’éthique et l’équitable ont toutes leur place sur le marché de la musique. C’est peut-être sur le web, la continuité de l’esprit des indépendants qui sont encore aujourd’hui source d’opposition aux business musicaux en défendant en priorité les valeurs artistiques.

Merci à l’AMI pour son professionnalisme, ses initiatives et sa convivialité.