Vendredi 12 octobre, la Sacem et des Echos organisait un chat (cf post précédent) sur le thème: Musique gratuite, qui paye ? D’un côté, les internautes. De l’autre, Catherine Kerr-Vignale, membre du directoire de la Sacem. Reshape Music soutient évidemment l’initiative de la Sacem, la discussion étant essentielle pour trouver des solutions aux problématiques que connait actuellement l’industrie musicale. Seulement…

… Seulement une fois lue la retranscription des questions/réponses, on éprouve un certain sentiment d’inachevé : les internautes ont posé les bonnes questions, mais se sont heurtés (c’est en tout cas notre point de vue) à une certaine langue de bois. Exemple avec cette question pourtant explicite de Patricia :

Patricia :
Combien rapporte un site web comme Deezer à la Sacem ? Pensez-vous que les 8% qu’ils reversent à la Sacem tous les mois suffiront à rémunérer l’ensemble des auteurs/compositeurs qu’ils diffusent gratuitement ?
Catherine Kerr-Vignale :
Au moins, les auteurs recevront une rémunération, ce qui n’est pas le cas pour le peer to peer.

Aucune réponse, mise à part cette affirmation logique qui n’aura éclairé personne, dans la lignée de cette heure d’échange. Cela sous-entend-il que les artistes devraient se contenter de ce que l’on veut bien leur accorder ? Nous sommes ici bien loin du concept de rémunération équitable, rappelons que chez Reshape les artistes sont rémunérés à hauteur de 50% sur les ventes d’album, une alternative et une redistribution plus juste sont donc possibles.
Et que dire de la réponse donnée à Martingale :

Martingale :
Votre réponse à la question de Leto_2 laisse à penser que les actes de reproduction effectués à partir d’un flux sont donc bien couverts par l’exception de l’article L. 122-5 2° CPI (copie privée). Il n’existe donc pas de préjudice injustifié au sens du test en trois étapes si une rémunération est perçue pour la copie privée ?
Catherine Kerr-Vignale :
Je ne savais pas que l’article L 122-5 2° du CPI était si bien connu du grand public !

Un chat d’une heure donc mais aucune conclusion tangible, aucune réponse convaincante. Nous aurons compris que la SACEM tire son épingle du jeu en essayant de proposer une alternative au peer to peer avantageuse financièrement pour elle… et pas forcément pour les artistes…

Pour avoir accès à la retranscription intégrale du chat commentée par Aisyk, rendez-vous sur son blog.