DeezerDécidément l’affaire “Deezer” fait beaucoup de bruits. Après avoir obtenu l’accord de la Sacem il y a une semaine et ouvert son site de diffusion de musique à la demande, Deezer voit déjà les maisons de disques montées au créneau. Universal vient de déclarer que la plateforme n’a pas eu les accords nécessaires pour exploiter son catalogue et qu’elle prévoit des poursuites judiciaires “auprès de l’éditeur du site et des sociétés qui en font la promotion” (Free).

Deezer reconnaît qu’il lui serait difficile de retirer les musiques d’Universal à cause d’un problème simple : impossible techniquement de faire la différence entre la musique du catalogue d’Universal et celles des autres maisons de disques. La question qui se pose est alors la suivante : comment attribuer aux ayants droits une rémunération juste ? N’oublions pas que Deezer a déclaré qu’en plus d’une rétribution sur les recettes publicitaires, elle s’engage à un “minimum garanti lié au nombre d’écoutes”…

Le problème de la rémunération n’est pas le seul hic dans cette affaire. La question de l’upload de la musique par les internautes soulève un autre point important : le respect de l’intégrité de l’oeuvre. La loi indique que l’on ne doit déformer une oeuvre “ni dans la forme ni dans l’esprit” et Deezer n’impose aucune restriction sur la qualité des morceaux. N’importe qui peut donc intégrer à la plateforme son enregistrement mp3 issu d’un magnétophone de mauvaise qualité, et le morceau de se retrouver diffusé à l’ensemble des utilisateurs.

Cette affaire met une fois de plus en lumière la complexité du système d’ayants droits et la place que détient l’artiste à l’intérieur de toutes ces négociations. La musique devient un bien consommable qui se diffuse ou se vend sous abonnement. Le site Deezer.com représente t’il comme le laisse entendre la Sacem la solution pour respecter les auteurs sur le net ? C’est Johnatan Benassaya, co-fondateur de la plateforme qui y répond lorsqu’il définit son métier, dans une interview donnée à Thierry Bézier de « Intruders », comme « de faire venir du monde pour consumer de la musique »….

Finalement les artistes se retrouvent toujours lésés quand le marketing n’a pas d’objectif culturel mais qu’il est asservi aux bénéfices…