Les touristes, il y en a partout. Rien ne les arrête. La casquette Ricard, le bermudas à fleurs et l’oeil fixé sur l’objectif. Ces soixante dernières années, le tourisme s’est considérablement développé : explosion du foncier aux capacités d’accueil démesurées, de l’habitat secondaire, des réseaux routiers… au mépris, bien souvent, d’un écosystème fragile. Après plusieurs décennies d’inconscience, le bilan est lourd. L’environnement est fortement dégradé, l’identité culturelle dénaturée, la pollution liée à des déplacements massifs en hausse.

ties_logo-1000x727.jpgDepuis les années 1990, une nouvelle tendance touristique a vu le jour : l’écotourisme. Selon la définition de la TIES (The International Ecotourism Society), c’est « une visite responsable dans des environnements naturels où les ressources et le bien-être des populations sont préservés ». L’engagement écotouristique consiste à préserver l’activité touristique tout en respectant les coutumes et conventions des populations locales. Les bénéfices engendrés par l’activité peuvent être en partie redistribués sous forme de produits de premières nécessités (pétrole, savon, sucre, lait concentré, …).

Un marché d’avenir

Même si l’écotourisme représente une petite niche, c’est un secteur moteur d’une économie nationale et un moyen de générer des revenus pour de nombreux pays. Avec son spectacle animalier des plus majestueux, le Kenya est l’une des premières destinations écotouristiques. Il y a aussi l’Equateur, le Népal, le Costa Rica et Madagascar. Les Etats-Unis constituent le principal réservoir d’écotouristes avec plus de 5 millions de personnes chaque année. Le reste provient d’Europe et de l’élite de certains pays du Sud.
D’après les dernières études sur le sujet, l’usage du concept « écotourisme » est encore très limité, particulièrement parmi les pays européens. Les tour opérateurs hésitent à utiliser le terme dans leurs brochures. Donc forcément, on a un peu de mal à s’y retrouver entre le tourisme durable, responsable, environnemental ou éthique ! On peut tout de même considérer qu’un nombre croissant de tour opérateurs traduisent dans leurs politiques les composantes de l’écotourisme. Des actions sont menées dans ce sens : distribution de codes de conduite, dons, aides à la conservation et aux communautés locales, offre de voyages incluant une part de volontariat, préférence aux fournisseurs locaux, et programmes de partenariat et de joint-venture avec les communautés locales et les aires protégées.

Des défis à relever

Malheureusement, les dérives sont inévitables. Certains opérateurs n’hésitent pas à utiliser les parcours en 4×4, les piscines et l’air conditionné pour augmenter leurs chiffres d’affaires. Ce genre d’activités est appelé « lavage vert » par les professionnels du secteur, et cache un tourisme de masse conventionnel présenté comme « écolo ».
Aujourd’hui, la Chine s’ouvre au tourisme. Demain, ce sera l’Inde. L’urgence est de convaincre les autorités des enjeux environnementaux et culturels avant qu’il ne soit trop tard. Mais, les pays qui s’ouvrent à la consommation de masse ont bien d’autres préoccupations. On les comprend : les occidentaux en prennent conscience seulement maintenant !

Parce qu’il touche potentiellement le monde entier, le tourisme a une immense part de responsabilité dans la préservation des diversités. Alors penser Ecotourisme avant de vous engager sur la route des vacances.