Au cours des trois prochaines années, plus de 400 millions d’ordinateurs seront remplacés. Et pourtant, plus de 75% d’entre eux finissent leurs vies dans nos greniers. La stagnation de ces déchets électroniques est risqué : un PC peut contenir du plastique, de l’or, du cuivre, du nickel, ainsi que des métaux lourds comme le cadmium et le palladium. C’est pourquoi, il est urgent de savoir quoi faire de ces vieilles carcasses…

Aujourd’hui, la plupart des déchets informatiques sont envoyés, en grande quantité et souvent de manière illégale, dans les pays en voie de développement. Ils y sont recyclés par les populations locales, peu ou pas équipées pour manipuler des substances dangereuses. L’idée peut sembler généreuse : le matériel de seconde main envoyé en Afrique pourrait être utile au développement des pays du tiers monde. Seulement, le continent africain est en passe de devenir le plus pollué par les déchets informatiques. Selon Basel Action Network (BAN), une organisation internationale qui oeuvre dans la lutte contre le «commerce toxique», 500 conteneurs de matériel informatique d’occasion arrivent chaque mois au Nigeria. 75% de ce matériel est inutilisable, et est détruit dans des conditions nocives. En effet, les substances chimiques qui émanent de la destruction du matériel informatique peuvent provoquer des risques graves chez les femmes enceintes qui vivent à proximité des décharges et contaminer les nappes phréatiques. Ce qui à terme pourrait s’avérer être une véritable catastrophe pour la santé publique.

Alors que faire de nos vieilles machines ? Il y a bien une directive européenne appliquée en France depuis 2005 qui prévoit la collecte sélective des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE). Cette directive impose aux fabricants le traitement des déchets, leur recyclage ou leur éventuelle élimination. D’autres sociétés ou associations se sont spécialisées dans la récupération de vieux matériel en vue de le reconditionner puis de le revendre en France ou à l’étranger, comme Co-ordinateur et Emmaüs.
Mais l’initiative qui semble la plus en vue ces derniers temps est celle de l’association Greenpeace qui édite tous les trois mois son Green Electronics Guide. Le « guide pour une high-tech responsable » classe les quatorze principaux fabricants de téléphones mobiles et d’ordinateurs en fonction de deux critères : leur engagement à reprendre et recycler leurs produits obsolètes et leur politique en matière d’élimination de certaines substances chimiques. Arrivé quatrième, Apple subit les foudres de l’ONG. La firme est accusée de négligence en matière de recyclage.
Green Electronics Guide 2006

La première édition de ce guide avait impulsé une vraie compétition verte entre les fabricants d’électronique qui avaient, par la suite, réalisé des progrès faramineux en matière de recyclage. Espérons que la prise de conscience sera continue…