C’était le dernier titre grand public consacré aux musiques électroniques, « le premier magazine qu’on lit avec les oreilles », le défricheur de talents qui laissait parler ses coups de coeur, le titre du politiquement incorrect…
Chronologie d’un indépendant mangé par de plus gourmands que lui…

1997 :
Le magazine Trax est né de l’initiative des éditions Free Way, qui publiait déjà plusieurs titres musicaux comme Groove, Rock Song et bien d’autres. C’était l’époque de la French Touch, de la House et de la techno… Il manquait un titre à Free Way pour aborder cette nouvelle vague. Puis, l’électro a évolué englobant et diversifiant tout un tas de courants expérimentaux. C’est pourquoi, Trax est devenu rapidement le magazine des nouvelles tendances musicales.

1998 :
A l’origine, Trax était un bimestriel. Fort de son succès immédiat, il est publié tous les mois à 13 000 exemplaires dès le 4ème numéro.

2004 :
Le groupe IXO Publishing, né de la fusion du Groupe Pressimage et des éditions Freeway, a été déclaré en cessation de paiements le 16 mars 2004. Cyber Press Publishing a sauté sur l’occasion et repris l’intégralité des actifs du pôle Music/Entertainment du groupe. Avec cette acquisition (Rolling Stone, Rock sound, Groove, Rap Us, Soul R&B, Trax, Ragga, Hard n’Heavy, Punk Rawk, X-Rock), il s’est imposé comme le premier pôle éditorial de musique en France. Cyber Press Publishing a repris l’ensemble des salariés affectés à ces publications.

2007
7 juin
Le tribunal de commerce de Nanterre a décidé la liquidation de l’éditeur Cyber Press Publishing.
Les quatre salariés permanents de Trax, investis coeur et âme dans leur métier et leur passion, (Patrice Bardot, Benoit Carretier, Thierry Blons, Frank Bedos, Angelo Peritore) associés à Alexis Bernier (ex-Libération) ont déposé une offre de reprise du magazine : son rachat pour 15 000€, la reprise de ses quatre salariés et de ses 25 pigistes et la création de la société Plus 8 Media dans le but de developper Trax tout en conservant ce qui, fait sa force, son indépendance éditoriale.

21 juin
L’offre rivale s’appelle Pole Media Urbain, alliance de Technikart et de Media Obs (regie publicitaire filiale du Nouvel Obs). Son idée : récupérer les 7 magazines (dont Trax) du Pôle Musique de l’ancien éditeur, Cyber Press Publishing, en ne reprenant que 7 personnes sur 30 au total, pour 10000€.

13 juillet
La procédure s’est poursuivie jusqu’aux enchères à offre cachée… que Technikart a remportées en offrant 51000€, contre 45000€ pour les membres de Trax. Dix ans après sa création, le Trax qu’on connaissait est mort. Le Tribunal de Commerce de Nanterre a tranché. L’ensemble des salariés est licencié.

Les journalistes Patrice Bardot et Alexis Bernier n’ont pas dit leur dernier mot. Ils souhaitent lancer au plus vite un site internet et, peut-être, un magazine et se disent très sceptiques sur la réussite de Trax avec son repreneur : « Technikart a voulu acheter Trax. Ils ont réussi. Mais ils n’ont acheté qu’un nom. L’esprit du magazine survivra, ailleurs… »